Ascenseurs de chantier

Comment fonctionne un ascenseur de chantier à crémaillère : composant par composant

Ascenseur de chantier à crémaillère : mât, crémaillère, double moteur, freins, parachute, cames d’étage et commandes, données réelles du SM-GTP-101.

Un ascenseur de chantier à crémaillère (on parle aussi d’ascenseur de chantier pour personnes et matériaux) fait monter une cabine le long d’un mât vertical en acier. Des moteurs montés sur la cabine entraînent des pignons, qui engrènent sur une crémaillère fixée au mât. Il n’y a ni câbles, ni contrepoids, ni local des machines. C’est pourquoi le mât peut grandir étage par étage avec le bâtiment, et pourquoi la même machine peut desservir un immeuble d’habitation de 30 m comme une tour de 150 m.

Si vous hésitez encore entre les différents types d’ascenseurs (personnes et matériaux, matériaux seuls, plateformes de transport, cabine simple ou double), commencez par notre guide pratique des types d’ascenseurs de chantier. Ce guide va un niveau plus loin : il explique chaque sous-système d’un ascenseur à crémaillère et son rôle. Nous prenons comme exemple concret les données publiées de notre ascenseur de chantier personnes et matériaux SM-GTP-101, afin que chaque chiffre ci-dessous puisse être vérifié sur une vraie fiche technique.

Chiffres clés : SM-GTP-101 (configuration standard)

Charge nominale 2 000 kg · Vitesse de déplacement 40 m/min (0,67 m/s) · Entraînement double moteur 2 × 7,5 kW · Élément de mât 1,5 m · Dimensions intérieures de la cabine 1,45 × 2,80 × 2,20 m · Alimentation triphasée 380–400 V, 50 Hz

Source : fiche technique SM-GTP-101 (PDF)

Le principe en un paragraphe

La cabine est boulonnée à une unité d’entraînement (aussi appelée unité de montée ou chariot). Des motoréducteurs montés sur cette unité entraînent des pignons. Les pignons engrènent sur une crémaillère qui court sur toute la hauteur du mât. Quand les moteurs tournent, les pignons « marchent » vers le haut ou vers le bas le long de la crémaillère et emportent la cabine avec eux. Des galets de guidage roulant sur les membrures du mât maintiennent l’alignement de la cabine. Des galets presseurs maintiennent les pignons correctement engrenés sur la crémaillère. À l’arrêt des moteurs, des freins électromagnétiques à manque de courant immobilisent la cabine. Un parachute de survitesse distinct, doté de son propre pignon sur la même crémaillère, constitue l’ultime protection si l’entraînement ou les freins venaient à défaillir.

Comme la cabine grimpe sur sa propre voie, la hauteur de course est limitée par le mât et ses ancrages, et non par la longueur des câbles ou la capacité d’un tambour. C’est l’avantage décisif de la crémaillère sur les appareils suspendus à des câbles sur les chantiers.

Les principaux ensembles

Un SM-GTP-101 standard se compose de dix ensembles principaux. Le tableau ci-dessous reprend notre liste publique des matériaux. Il n’indique que des classes de matériaux. Les nomenclatures détaillées et les plans de fabrication restent réservés aux partenaires de service agréés.

#EnsembleQtéFonctionClasse de matériau
01Section de mâtselon le projetÉlément en treillis de 1,5 m avec crémaillère intégrée ; assemblages boulonnésTreillis en tubes d’acier ; crémaillère en acier
02Jeu d’ancrages murauxtous les ≤ 6 mRelie le mât au bâtiment, reprend les efforts horizontauxProfilés et cornières en acier de construction
03Châssis de base1Répartit les charges sur la fondation ; porte les amortisseurs de la cabineCaisson en acier soudé ; amortisseurs en caoutchouc durci
04Unité de montée / d’entraînement1Porte les moteurs, les galets de guidage et presseurs et les pignons d’entraînementCaisson soudé ; galets sur roulements ; pignons en acier trempé
05Motoréducteur2Motoréducteur de 7,5 kW avec frein électromagnétique et déblocage manuel du freinRéducteur industriel + moteur électrique
06Parachute de survitesse1Dispositif d’arrêt indépendant de type parachute, avec son propre pignon et son contact de surveillanceCarter et pignon en acier allié
07Cabine1Plancher, parois, portes, garde-corps de toit, trappe de secoursCaisson en acier, tôle de plancher, panneaux en tôle perforée
08Enceinte au sol1Clôture la base ; porte verrouillée, à contrepoidsCaisson en acier ; tôle perforée
09Équipement électrique1 jeuArmoire de commande, commandes de cabine, câble pendentif, guide-câbles, contacts de fin de course / fin de course ultime / portesSelon EN 60204-1 / EN 60204-32
10Capteur de surcharge1Axe dynamométrique avec alarme et coupure du déplacementAxe de charge en acier

Le mât et la crémaillère

Le mât est la colonne vertébrale de l’ascenseur. Sur le SM-GTP-101, il s’agit d’un élément en treillis de 1,5 m en tubes d’acier, avec la crémaillère fixée sur une face. Chaque élément pèse environ 87 kg, ce qui permet des levages courts et maîtrisés lors de la rehausse du mât. Les éléments sont boulonnés bout à bout, et les tronçons de crémaillère s’alignent à chaque jonction pour que les pignons franchissent le raccord en douceur.

Le mât ne peut pas rester autostable sur toute sa hauteur. Des ancrages muraux le relient au bâtiment à des intervalles ne dépassant pas 6 m. Les ancrages reprennent les efforts horizontaux : le vent sur la cabine et le mât, les efforts dynamiques au démarrage et au freinage, et le chargement excentré de la cabine. La fondation reprend les charges verticales. La disposition des ancrages et les points de fixation sur le bâtiment figurent sur le plan d’implantation de chaque projet.

Pour les quantités, la règle est simple : éléments de mât = hauteur ÷ 1,5 m, plus un élément de tête. Une installation de 60 m nécessite donc environ 41 éléments et 10 jeux d’ancrages. Nous détaillons ce calcul dans Comment calculer les éléments de mât et les ancrages d’un ascenseur de chantier.

L’entraînement : pourquoi deux moteurs ?

Le SM-GTP-101 utilise deux motoréducteurs de 7,5 kW (15 kW installés), chacun entraînant son propre pignon sur la crémaillère. Répartir l’entraînement sur deux pignons apporte trois avantages concrets :

  1. Moins de charge sur les dents de chaque pignon. L’effort de traction est partagé, si bien que chaque engrènement pignon-crémaillère supporte environ la moitié de la charge. L’usure des pignons et de la crémaillère, qui sont les pièces d’usure les plus coûteuses de la machine, s’en trouve réduite.
  2. Freinage redondant. Chaque moteur possède son propre frein électromagnétique à manque de courant. Le maintien de la cabine ne repose pas sur un frein unique.
  3. Marche plus régulière. Deux engrènements simultanés lissent la charge à l’entrée et à la sortie des dents.

À la vitesse nominale de 40 m/min (0,67 m/s), un trajet simple de 60 m prend environ 90 secondes de déplacement pur. Un trajet de 100 m prend environ 150 secondes. Les phases d’accélération, de décélération et d’ouverture des portes s’y ajoutent. Si votre planning exige plus de capacité de transport qu’une seule cabine ne peut en offrir, lisez Plus d’ascenseurs de chantier accélèrent-ils vraiment un projet de grande hauteur ?

Démarrage/arrêt progressif (option). Avec un variateur de fréquence, les moteurs accélèrent et ralentissent en rampe au lieu de démarrer en direct. Cela réduit le courant de pointe appelé sur l’alimentation du chantier, diminue les chocs sur la crémaillère, les ancrages et les réducteurs, et rend les arrêts aux étages plus précis. Voir Alimentation électrique d’un ascenseur de chantier.

Les freins, et le parachute derrière eux

La cabine est maintenue ou arrêtée par deux moyens indépendants :

  • Freins de service. Des freins à ressort, desserrés électriquement, sur chaque moteur. Ils serrent dès que l’alimentation est coupée : une coupure de courant arrête et immobilise donc la cabine. Un déblocage manuel du frein permet à une personne formée de descendre la cabine de façon contrôlée en cas de panne de courant.
  • Parachute de survitesse (le « parachute »). Un dispositif d’arrêt déclenché par survitesse, doté de son propre pignon sur la crémaillère. Si la cabine descend un jour plus vite que sa vitesse de déclenchement (par exemple après une rupture de réducteur), le dispositif se bloque et arrête la cabine de façon contrôlée sur le mât. Au même instant, un contact de surveillance coupe l’alimentation de l’entraînement.

Le parachute est un composant de sécurité de précision. Il fait l’objet d’un essai de type et doit être réessayé aux intervalles fixés par la notice du fabricant et par la réglementation locale. C’est pourquoi il est plombé et ne doit être entretenu que par des techniciens agréés. Nous présentons les neuf systèmes de sécurité standard dans Les dispositifs de sécurité d’un ascenseur de chantier expliqués.

Arrêts aux étages : cames de ralentissement et d’arrêt

Comment la cabine sait-elle où se trouve chaque étage ? Sur le SM-GTP-101, des cames (rampes) sont fixées sur le mât à chaque étage, et un contact monté sur la cabine les détecte :

CameRéaction du contactRéglage
Came longueLa cabine ralentit—
Came courteLa cabine s’arrêteFaire glisser la came le long du mât pour affiner le niveau d’arrêt

Ce principe en deux temps assure un arrêt doux et à niveau sans capteurs de position complexes, et chaque étage peut être réglé sur site à mesure que le bâtiment se tasse ou que les niveaux de plancher sont arrêtés. Une option d’arrêt automatique aux étages permet à l’opérateur de choisir une destination au lieu de conduire manuellement.

Au-delà de la plage de travail, en haut comme en bas, des fins de course arrêtent la cabine aux étages extrêmes. Un fin de course ultime indépendant les double et coupe l’alimentation si le fin de course normal venait à défaillir.

Cabine, portes et enceinte au sol

La cabine est la partie que voient les utilisateurs, et c’est là que se concentre l’essentiel de la sécurité d’accès :

  • Dimensions intérieures 1,45 × 2,80 × 2,20 m avec une ouverture de porte de 1,40 × 2,10 m, dimensionnée pour les palettes, les plaques de plâtre, les menuiseries et les chariots.
  • Verrouillage des portes : la cabine ne peut pas se déplacer tant qu’une porte de cabine ou de l’enceinte au sol est ouverte.
  • Toit : une plateforme de travail avec garde-corps, utilisée pour le montage du mât et l’inspection, munie d’une trappe de secours. Un verrouillage de la trappe de toit coupe l’alimentation des moteurs tant que la trappe est ouverte.
  • Enceinte au sol (≈ 3,4 × 2,7 m) : empêche quiconque de se trouver sous la cabine, avec des portes verrouillées et des ressorts amortisseurs au pied du mât.

Les portes palières de chaque étage sont propres à chaque projet et font normalement l’objet d’un chiffrage séparé. Leur nombre et leur type influent aussi sur le coût ; voir Coût d’un ascenseur de chantier : 10 facteurs de prix.

Commandes et installation électrique

L’opérateur pilote la cabine depuis un manipulateur (joystick) en cabine, activé par un commutateur à clé, avec des arrêts d’urgence en cabine et sur le toit. L’alimentation parvient à la cabine en mouvement par un câble pendentif maintenu dans des guide-câbles le long du mât. L’équipement électrique est conçu selon l’EN 60204-1 (équipement électrique des machines en général) et l’EN 60204-32 (exigences spécifiques aux appareils de levage). Les fonctions de commande relatives à la sécurité suivent l’EN ISO 13849-1.

Le chantier fournit une alimentation triphasée + N + PE en 380–400 V, 50 Hz via un disjoncteur de calibre adapté.

Limites d’utilisation

ConditionLimite (SM-GTP-101)
Vent, en servicemax. 72 km/h (20 m/s)
Vent, pendant le montage/démontagemax. 45 km/h (12,5 m/s)
Température ambiante−15 … +55 °C

Ce qui compte, c’est le vent que subit réellement la cabine, et la vitesse du vent augmente avec la hauteur. Notre article sur les limites de vitesse du vent des ascenseurs de chantier explique comment gérer ce point sur un chantier de grande hauteur.

Crémaillère ou câbles : les ascenseurs de chantier comparés

Ascenseur de chantier à crémaillèreMonte-charge / ascenseur à câbles
TailleAugmente avec le mât, étage par étageFixée par la longueur des câbles, le tambour et la gaine
Local des machinesAucun ; l’entraînement se déplace avec la cabineGénéralement nécessaire
InstallationÀ l’extérieur du bâtiment, sur ancrages, avant l’achèvement du gros œuvreNécessite une gaine terminée
Principales pièces d’usurePignons, crémaillère, galets, garnitures de freinCâbles, poulies, tambour
Usage typeTransport temporaire pendant les travaux ; accès industriel permanentBâtiments permanents, puits de mine

Pour le transport permanent de marchandises dans les usines et les entrepôts, voir Qu’est-ce qu’un monte-charge ?

Foire aux questions

Qu’est-ce qu’un ascenseur de chantier à crémaillère ?

C’est un appareil de levage temporaire pour personnes et matériaux. La cabine monte et descend le long d’un mât vertical en acier, entraînée par des pignons motorisés qui engrènent sur une crémaillère fixée au mât. Le mât est ancré au bâtiment et rehaussé à mesure que la structure s’élève.

À quelle vitesse se déplace un ascenseur de chantier ?

Les ascenseurs à crémaillère standard roulent généralement entre 30 et 60 m/min environ, et les versions grande vitesse vont plus vite. Le SM-GTP-101 se déplace à 40 m/min (0,67 m/s) en standard, avec un pack grande vitesse disponible en option.

Que se passe-t-il en cas de coupure de courant ?

Les freins moteur à ressort serrent automatiquement et immobilisent la cabine. Un opérateur formé peut ensuite descendre la cabine de façon contrôlée à l’aide du déblocage manuel du frein.

Qu’est-ce qui empêche la cabine de chuter si l’entraînement lâche ?

Un parachute de survitesse indépendant, doté de son propre pignon sur la crémaillère. Si la cabine prend de la survitesse en descente, le dispositif se bloque sur la crémaillère et arrête progressivement la cabine, et son contact coupe l’alimentation de l’entraînement.

À quelle fréquence le mât doit-il être ancré au bâtiment ?

Cela dépend du modèle et de la configuration. Sur le SM-GTP-101, l’espacement maximal des ancrages muraux est de 6 m. Les positions exactes des ancrages sont données par le plan d’implantation du projet.

Quelle norme couvre les ascenseurs de chantier en Europe ?

L’EN 12159 couvre les ascenseurs de chantier pour personnes et matériaux avec cages guidées verticalement, dans le cadre de la directive Machines 2006/42/CE. Voir notre guide de l’EN 12159.

Vous prévoyez un ascenseur de chantier pour votre projet ?

Envoyez-nous la hauteur du bâtiment, la charge requise et le nombre d’étages à desservir. Nous vous proposerons la bonne configuration, les charges sur fondation et un plan d’implantation. Les plans techniques détaillés sont communiqués sous accord de confidentialité (NDA).

Demander une proposition technique →

Sources